Mes films tournent autour de thèmes communément appelés "sexe et violence" par les médias, mais que je définirais plutôt comme une journée ypique dans mon cerveau.
Lloyd Kauffman, 57 ans, père de famille, diplôme de Yale, réalisateur et co-fondateur et président de la Troma
Surf Nazis Must Die, Cannibal: The Musical, Toxic Avenger, Tromeo and Juliet... Ces titres ne vous disent peut-être rien. C'est un fait, les films de la Troma Team sont peu connus en France et, malgré tout, leur influence est loin d'être négligeable. Qu'il s'agisse de Sam Raimi (Evil Dead, Spiderman), Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux, Bad taste, Braindead) ou encore Quentin Tarantino, nombreux sont les réalisateurs américains reconnaissant une dette envers les prolifiques studios Troma, qui ont démontré qu'en marge d'Hollywood, un autre cinéma est possible. Plus près de nous, La Troma peut compter parmi ses défenseurs et ardents supporters des types comme Gaspard Noë (Seul contre tous), Ariel Wizman et Edouard Baer, qui ont joué dans Terror Firmer, ainsi qu'Alain Chabat, qu'on a souvent vu arborer des T-shirts Troma.
Souvent bêtes et méchants, et revendiqués comme tels, toujours drôles et parfois corrosifs, les films Troma reposent sur trois piliers: femmes en string et en gros seins, giclées d'hémoglobine à gogo et humour décalé - de l'absurde au burlesque en passant par le scatologique. Pour faire vite, certains disent : sexe, violence et vomi...
C'est donc avec ces armes que depuis plus de 28 ans, le studio new-yorkais défie le système de production hollywoodien et les diktats moralistes imposés par les ligues bien pensantes. Face à une industrie cinématographique si soucieuse d'éradiquer tout risque financier que l'innovation est systématiquement sacrifiée aux impératifs de rentabilité, la Troma, avec ses budgets ridicules, s'affirme comme un îlot de créativité et d'indépendance. Voire comme une véritable avant-garde : sans l'aiguillon de Troma, jamais Hollywood n'aurait ouvert ses portes aux politiquement incorrects frères Farrelly (Mary à tout prix) qui servent aujourd'hui au grand public ce qui se faisait chez Troma dans les années 1970.
Mais on ne peut parler longtemps de la Troma sans évoquer son président, Lloyd Kaufman. Débordant d'énergie, obsédé par la machiavélique conspiration de la droite ultra-conservatrice et des majors hollywoodiennes, proche de la scène punk, cet improbable gentleman new-yorkais presque sexagénaire est l'ambassadeur et le visage de la Troma.

